Voiçi quelques photos du vieux presbytère dont nous occupons le côté gauche, le côté droit étant le quartier général de la fabrique de l'église du village que nous habitons.

Nous laissons volontairement pousser les plantes sauvages dans les parterres devant la maison.

Nous multiplions ceux qui sont utiles, nous contenons ceux qui essaient de prendre le dessus sur les autres comme l'ortie ou le liseron et nous rajoutons ceux qui ne sont pas présentes comme la prêle.

La bio-diversité devant le presbytère de Kalhausen (petit format) La bio-diversité devant le presbytère de Kalhausen avec Kokott couché (petit format) La bio-diversité devant le presbytère de Kalhausen avec Kokott debout (petit format)

Ça fait "jazzer" dans le village. Pour beaucoup de villageois une pelouse bien tondue est beaucoup plus "propre" que nos parterres naturelles.

C'est vrai que dans les petits villages, le bruit des voitures qui dérange tant dans les grandes villes, est remplacé par le bruit des nombreuses tondeuses et coupe-bordures qui font leur apparition à toute heure de la journée tout autour de nous dès qu'il y a un peu de soleil. Même à la campagne, la tranquillité d'une belle journée d'été est parfois illusoire...

"Tondre la pelouse ou pas ?"... That's the question...

Alors, pourquoi ne tondons-nous pas notre pelouse ?

Serions nous incapable de tondre une pelouse ?

Bien sûr que non :  nous savons très bien tondre une pelouse bien que, lorsque cela est possible, nous utilisons la faux car elle est silencieuse.

Nous n'aimons pas le bruit des autres, alors nous essayons de ne pas importuner ces mêmes autres avec du bruit à nous.

Serions-nous fainéants ?

C'est probablement l'explication d'une bonne partie des villageois (l'autre partie pensant sans doute qu'ils sont bizarres ces étrangers...).

Un rapide coup d’œil autour de la maison devrait quand-même donner des indices que c'est loin d'être le cas.

A droite nous avons transformé le champ abandonné en potager.

Dans le parc derrière la maison nous avons planté des arbres et arbustes fruitiers, installé une terrasse et construit des carrés de potager en hauteur.

Puis nous avons monté une serre pour cultiver des plantes non-rustiques et nous avons installé un patio entre la maison et le parc.

En tout, nous cultivons près de 200 plantes différentes : diverses variétés de légumes, de fruits, de plantes aromatiques et de plantes médicinales.

Donc, nous aimons être occupés à l'extérieur.

Alors, pourquoi ne tondons-nous pas la pelouse devant la maison?

Pourquoi défions-nous le regard des gens qui trouvent que ça fait négligé de ne pas tondre sa pelouse?

Il y a trois raisons principales à cette démarche :

  1. nous trouvons les plantes sauvages très jolies,
  2. nous utilisons ces plantes sauvages dans notre cuisine et en faisons des tisanes,
  3. nous savons à quel point les plantes sauvages sont important à la bio-diversité et à l'avenir de la planète.

Fleurs étoilesFleurs de la benoîteFleurs de millepertuis

La beauté et l'intérêt des plantes sauvages

Vous avez sans doute noté que je parle de plantes sauvages et non de "mauvaises" herbes.

Ce n'était pas le cas quand j'ai démarré mon potager : en effet, tout ce qui poussait entre mes cultures de fruits et légumes était soigneusement éradiqué.

Puis, j'ai commencé à m'intéresser aux plantes aromatiques.

Je buvais alors beaucoup de thés aromatisés divers et variés.

J'avais déjà franchi le pas du thé en sachets pour le thé en vrac.

Partant de là, il ne restait plus qu'une étape à franchir : les tisanes de plantes aromatiques.

C'était - et c'est toujours - une découverte étonnante car la diversité des plantes aromatiques et de leurs goûts est énorme.

Puis, grâce à un ami, j'ai découvert que certaines de ces "mauvaises" herbes qui envahissaient toujours en plus grand nombre mes cultures de fruits, légumes et désormais plantes aromatiques, faisaient d'excellentes tisanes (prêle, millepertuis, achillée, coquelicot, ortie, plantain...).

En plus, beaucoup de plantes sauvages agrémentent agréablement nos salades composées (voir Une salade aromatique de mon jardin potager jusqu'à l'assiette des voisins).

Il va sans dire qu'en plus de leur goût étonnant, ce sont de véritables trésors pour notre santé.

Madame Lucie, une dame charmante d'un âge respectable qui nourrit un véritable amour pour les plantes, m'a confié un jour que si les gens savaient comment utiliser les orties dans la vie de tous les jours, ils ne verraient jamais l'intérieur d'une pharmacie ou d'un cabinet médical...

L'importance de la bio-diversité

Un insecte pollinisateur s'approche de fleurs de plantain :

Fleurs blanchesInsecte pollinisateur en approche des fleurs blanchesInsecte pollinisateur sur les fleurs blanches

Certains insectes ont besoin de certaines plantes pour survivre.

Si la plante A disparaît parce que nous nous acharnons à éradiquer le moindre petit coin de nature sauvage, l'insecte X disparaîtra avec elle.

Ceci aura des conséquences majeures à 3 niveaux différents : 

  1. l'insecte X ne jouera plus son rôle dans la nature (pollinisation, nettoyage, protection, fertilisation, ...),
  2. les insectes ou les animaux (oiseaux, hérissons, grenouilles, ...) prédateurs de l'insecte X auront moins à manger, et ceux qui se nourrissent exclusivement de l'insecte X disparaîtront carrément,
  3. les insectes (ravageurs ou non) dont l'insecte X se nourrissait perdent un prédateur, et se multiplient alors sans limite, créant ainsi un déséquilibre dans la nature.

De tels déséquilibres dans la nature ont des conséquences graves : moins de pollinisateurs et plus de ravageurs affaiblissant la végétation conduit inévitablement à la disparition des fruits et légumes.

Ces effets seront peu ressentis par la génération d'adultes que nous sommes (bien que ceux d'entre vous qui ont un potager ont sans doute déjà remarqué que les pollinisateurs deviennent plus rares), mais davantage par nos enfants et petits-enfants, qui en subiront les conséquences.

Et nos arrière petits-enfants découvriront des fruits et des légumes sur les tablettes numériques d'histoire naturelle...

A moins qu'Einstein avait raison en disant que l'homme n'aura plus que 4 ans à vivre si les abeilles disparaissent... Et il était quand même pas bête Einstein...

Si vous êtes familier du concept qu'un battement d'aile d'un papillon d'un côté de la planète peut être à l'origine d'une tempête de l'autre côté de la planète, je n'ai pas besoin de vous expliquer que la nature est puissante et imprévisible.

Essayons de la perturber le moins possible... Donnons de l'espace à la nature pour qu'elle retrouve son équilibre...

Arrêtons de tondre nos pelouses en dehors de l'espace que nous utilisons pour le potager, le repas, le coin jeux d'enfants, et les fils pour sécher le linge...

Vos arrière petits-enfants croqueront les fruits de vos efforts...

Ne sont-ils pas plus important que le regard désapprobateur de vos voisins ?

Ne valent-ils pas la peine d'essayer de convaincre ces mêmes voisins de donner eux aussi une chance à la nature ?

Personnellement je pense que oui... Et vous?